Crédit immobilier : Faut-il craindre une nouvelle hausse des taux ?

Le marché du crédit immobilier continue de se redresser malgré une légère hausse des taux. Inflation, BCE et nouvelles propositions de loi pourraient toutefois rebattre les cartes.

Crédit immobilier : la reprise résiste malgré les taux

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L'essentiel selon MySweetimmo
Source : CAFPI
  • Les taux de crédit immobilier ont encore légèrement progressé en mai.
  • La production de crédits reste orientée à la hausse malgré un contexte inflationniste.
  • Une hausse des taux directeurs de la BCE en juin pourrait peser sur le marché.
  • Plusieurs propositions de loi pourraient faciliter l'accès au financement immobilier.

Le marché du crédit immobilier continue d’envoyer des signaux encourageants. Depuis le début de l’année, la production de prêts progresse et dépasse même les niveaux observés un an plus tôt.

Cette amélioration intervient pourtant dans un contexte économique toujours incertain. L’inflation atteint encore 2,2 % sur un an en avril et pourrait compliquer la tâche de la Banque centrale européenne (BCE), appelée à se prononcer sur ses taux directeurs lors de sa prochaine réunion du 11 juin.

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Des taux toujours orientés à la hausse

Après plusieurs mois de stabilité relative, les taux immobiliers poursuivent leur lente remontée.

Selon les données de CAFPI, les emprunteurs ont obtenu en mai des taux moyens de 3,20 % sur 15 ans, 3,37 % sur 20 ans et 3,48 % sur 25 ans. Par rapport à avril, les hausses restent limitées, de l’ordre de quelques points de base.

Même les meilleurs profils sont concernés. Les taux les plus attractifs atteignent désormais 3,01 % sur 15 ans, 3,15 % sur 20 ans et 3,25 % sur 25 ans.

Pour les ménages, l’impact demeure toutefois contenu. Sur un emprunt de 200 000 euros sur 25 ans, une hausse de 10 points de base représente environ une dizaine d’euros supplémentaires par mois. Un surcoût qui reste absorbable pour de nombreux acquéreurs.

La BCE et les marchés obligataires sous surveillance

Le principal risque pour les prochains mois vient désormais de l’inflation.

Alors que les prévisions tablent sur une inflation proche de 3 % en zone euro sur l’ensemble de l’année 2026, les marchés s’interrogent sur la capacité de la BCE à maintenir sa politique actuelle.

Dans le même temps, l’OAT française à 10 ans, référence importante pour le financement bancaire, a récemment évolué à des niveaux élevés. Elle a plusieurs fois approché les 4 % avant de revenir autour de 3,60 % à 3,70 %.

Si cette tension persistait, les banques pourraient être contraintes de relever encore leurs barèmes dans les mois à venir.

Plusieurs pistes pour soutenir l’accession à la propriété

Face aux difficultés d’accès au logement, plusieurs propositions de loi sont actuellement examinées.

L’une d’elles prévoit l’ouverture d’un prêt à taux zéro pouvant atteindre 100 000 euros dès le premier enfant, sans condition de ressources. Cette mesure vise notamment à soutenir les jeunes ménages alors que le logement est souvent identifié comme un frein aux projets familiaux.

Une autre initiative propose de remplacer la règle actuelle des 35 % d’endettement par un calcul fondé sur le reste à vivre. L’objectif est de permettre à davantage de ménages solvables d’accéder au crédit.

Enfin, un projet de réforme du dispositif Jeanbrun envisage d’intégrer les maisons anciennes et d’assouplir certaines obligations liées à la rénovation énergétique. De quoi redonner un peu d’élan à l’investissement locatif.

Un pouvoir d’achat immobilier qui recule dans la plupart des villes

Même limitée, la hausse des taux pèse progressivement sur la capacité d’achat des ménages. Pour une mensualité de 1 000 euros sur 25 ans, les surfaces accessibles diminuent dans la majorité des grandes villes françaises par rapport à l’an dernier.

La baisse est relativement faible à Montpellier avec une perte de 0,56 m². Elle atteint en revanche 7,41 m² à Reims. Toulouse fait figure d’exception. La Ville rose est la seule grande agglomération à afficher un gain de surface achetable sur un an, avec 0,53 m² supplémentaire.

Ce que cela change pour votre projet immobilier

  • Si vous investissez, les réformes envisagées pourraient offrir davantage de souplesse dans les prochains mois.
  • Si vous achetez, les conditions de financement restent favorables malgré une légère remontée des taux.
  • Si vous empruntez, il peut être pertinent d’anticiper un éventuel durcissement des conditions de crédit.
  • Si vous êtes primo-accédant, plusieurs évolutions législatives pourraient améliorer votre accès au financement.
Par MySweetImmo